La chauve-souris

Chauve-souris-main

Antoine C. Fauteux, un des jeunes patrouilleurs du centre de la Nature de Mont Saint-Hilaire, a ramassé au sol cette chauve-souris blessée tout près du pied de la falaise Dieppe. Sa couleur, sa grosseur et la forme de sa gueule m’ont aussitôt fait penser à une jeune «petite chauve-souris brune». Mais n’étant pas un expert en chauve-souris, j’ai envoyé une photo du petit mammifère dans les mains d’Antoine à Philippe Gervais, un biologiste français qui s’est spécialisé dans l’étude de ces charmantes petites bêtes. Je lui ai demandé son opinion d’érudit…

Voici sa réponse:

Salut Gilles,
Il me semble que d’après la taille tu ne peux confondre cette chauve-souris qu’avec un autre myothis québécois. Les jeunes ne sont à priori pas plus petits que les adultes une fois l’âge de l’envol atteint, en revanche les ailes comme chez les Faucons sont plus grandes, ce qui compense le manque d’adresse! Pour savoir si tu as à faire à un jeune il faut regarder les articulations des phalanges par transparence. Cà se fait très bien de nuit en plaçant une frontale derrière l’aile dépliée. Chez un adulte la calcification finie laisse une articulation fine alors qu’elle est plus noueuse chez le jeune avec une fenêtre de part et d’autre. Comme ta photo est bonne, ce qui ne me surprend pas (!), on voit probablement assez bien le tragus pour qu’il soit un critère de différenciation. C’est souvent la première chose à regarder.

Je dois t’informer que l’on ne doit manipuler les chauves-souris qu’avec des gants et des précautions, mais il faut également prendre ses précautions avec ceux qui ordonnent de prendre des gants ! La peur du vivant arrive aussi chez nous…

Merci, à bientôt et prends soin de toi.
Philippe

Kees Vanderheyden, directeur du centre de la Nature du mont St-Hilaire, est un grand amateur de Nature et d’Humour…
Voici son point de vue sur l’identité de la bestiole:

Salut Gilles
Plus je regarde le blessé que le patrouilleur a trouvé au pied de la falaise, plus je suis convaincu qu’il s’agit bel et bien d’un faucon pèlerin. Nous connaissons bien les adultes et les jeunes, mais les vieux mûrs pour l’hospice sont encore mal connus. Notre malheureux faucon a perdu bien des plumes, ses ailes et pattes sont plus raides, mais on voit encore son oeil vif et son bec prêt à dévorer. Durant sa vie active, ses jolies oreilles étaient cachées sous ses plumes mais l’outrage de la vieillesse les révèle enfin. On voit aussi que tout comme tout vieux il ne cesse de parler. Comme quoi, notre faucon est toujours prêt à écouter nos sagesses et sottises et à nous abreuver de ses vieilles histoires de falaise.

Nous connaissons si bien la jeunesse et la force et si mal les drames et les atouts de la vieillesse.

Longue vie aux faucons, même ceux de l’hospice.

Kees

Autres billets sur les chauves-souris:

La chauve-souris (suite et fin)

Les chauves-souris n’étaient pas au rendez-vous

Chauve-souris – l’oreillard roux

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