Réflexions sur le commerce électronique au Québec

Selon un sondage produit en février 2010 par le CEFRIO et Phéromone en collaboration avec Léger Marketing, 23% des adultes québécois ont acheté pour 336 millions de dollars de produits et services sur Internet en septembre dernier. Au même moment l’an dernier, on parlait plutôt de 300 millions de dollars. C’est donc une hausse de 12% qui illustre bien l’importance de l’achat en ligne aujourd’hui. La valeur moyenne du panier d’achat est également en progression : elle est passée de 267 dollars par cyberacheteur en février 2009 à 285 dollars en février 2010.

Il faut applaudir cette avancée qui reflète la tendance mondiale à magasiner sur le Web. Cependant y-a-t’il lieu de s’inquiéter du fait que ces achats se font surtout à l’extérieur du pays? Selon une enquête réalisée l’an dernier par CEFRIO, les Québécois avaient effectué 47% de leurs achats en ligne sur des sites étrangers. Si la tendance s’est maintenue cela se traduit par la fuite à l’étranger de 157 millions de dollars pour un seul mois, soit une moyenne de 134 dollars par consommateur.

Avant de s’inquiéter il faudrait bien examiner ces chiffres mais il nous manque des données essentielles. C’est utile de connaître le montant dépensé sur Internet à l’extérieur du Québec mais il nous manque les sommes d’argent dépensées au Québec par des acheteurs à l’extérieur de nos frontières. Il manque la colonne des «revenus étrangers» à l’équation.

Grâce à Internet, nous vivons dans un nouveau paradigme commercial. À cette époque où on communique instantanément avec des gens de partout grâce à Skype ou à Facebook, la notion de localisation géographique devient confuse et floue. Dans les faits, les gens qui achètent des produits sur le Web n’ont pas l’impression d’acheter au Québec ou aux États-Unis ou en Australie. Ils achètent sur Internet, bien assis au bureau ou à la maison devant leur écran d’ordinateur dans leur propre pays sans trop se soucier de la provenance du produit. Les frontières disparaissent presque en ce qui concerne le cybercommerce. Pour tous les produits numériques par exemple, le processus d’achat est exactement le même sur tous les continents peu importe où l’entreprise est située – que ce soit de la musique, un livre numérisé ou audio, un logiciel, un site web, un logo, etc. On choisit un produit, on l’ajoute à notre panier d’achat, on passe à la sortie, on paye en utilisant une carte de crédit sur une page sécurisée et le produit est immédiatement disponible pour un téléchargement. C’est simple, rapide et efficace.

Ceci est vrai pour les habitants du Québec mais aussi pour tous ceux qui ont accès à l’Internet partout dans le monde. Ce chiffre atteint maintenant 1.7 milliard d’individus, soit environ 25 % de la population mondiale. Tous ces gens sont des clients potentiels pour l’entrepreneur Web, qu’il soit au Québec ou ailleurs.

Pour notre part à www.premiumbeat.com nous vendons surtout des fichiers musicaux sur notre site web, principalement des compositions de musiciens québécois. Par contre notre clientèle provient de plus de 125 pays à ce jour. Nos ventes québécoises et canadiennes se limitent à moins de 5% de notre chiffre d’affaire alors que les achats en provenance des États-Unis dépassent les 40%. Le reste provient du Royaume-Uni, de l’Australie, du Brésil, de la France, etc. Ce 95% de revenus en provenance de l’étranger est déposé dans notre compte en banque au Québec, redistribué aux musiciens et à nos autres partenaires québécois, et nous payons toutes nos taxes et tous nos impôts ici au Québec.

Il n’y a donc pas qu’une fuite de capitaux par le commerce électronique, il y a aussi une possibilité immense d’entrée de capitaux. N’oublions pas que plus de 99.5 % de la population mondiale vit à l’extérieur des frontières canadiennes! À chaque semaine nous vendons nos produits sur tous les continents et notre magasin virtuel est ouvert partout dans le monde 24 heures sur 24 – 365 jours par année.

Notre propre entreprise est encore très modeste mais l’opportunité est formidable. Le marché mondial nous est grand ouvert. C’est aux entrepreneurs d’ici de saisir l’occasion d’aller chercher des capitaux étrangers pour les faire recirculer dans notre économie. Malheureusement si on se fie à une étude locale récente rapportée par Michelle Blanc en décembre dernier la situation actuelle n’est vraiment pas reluisante.

Aujourd’hui en 2010 combien d’argent en provenance de l’extérieur emplit les coffres des cyber-entreprises locales? C’est ce chiffre qu’il faut connaître et que surtout il faut faire croître. J’aimerais que nos gouvernements appuient vigoureusement ce virage commercial que la planète entière est en train de faire – avec ou sans nous.

One response to “Réflexions sur le commerce électronique au Québec

  1. Pingback: Réflexions sur le commerce électronique au Québec « Gilles Arbour … : Du Brésil

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s