Category Archives: Français

Land Art 2011 à Mont-Saint-Hilaire… C’est parti!

Mise à jour – plein de photos sur facebook à:
http://on.fb.me/oo1X38

Land Art à Mont-Saint-Hilaire… C’est parti! On habille les arbres avec des robes en pommes. Venez voir ça en fin de semaine http://www.ville.mont-saint-hilaire.qc.ca/site/pages/Culture/Land-art.aspx

Quand 5,000 pommes deviennent des pixels… Hommage à Steve Jobs et à Apple bien sûr! L’artiste débute son oeuvre qui promet d’être bien intéressante.

Mise à jour du 15 octobre: Steve Jobs est dans les pommes…
Une oeuvre de Olivier Lefebvre.

Une araignée s’installle dans le verger…

Land Art 2011 à Mont-Saint-Hilaire

Encore une fois!  L’événement du Land Art 2011 aura lieu à Mont-Saint-Hilaire du 12 au 16 octobre 2011. Des artistes formidables y participeront dans un l’environnement magnifique que nous propose le Pavillon de la Pomme.

Tous les détails à http://www.ville.mont-saint-hilaire.qc.ca/site/pages/Culture/Land-art.aspx

Vous pouvez aussi voir mes reportages complets des années précédentes:

2007 https://gillesarbour.wordpress.com/2007/10/10/land-art-a-mont-saint-hilaire/

2008 https://gillesarbour.wordpress.com/2008/10/24/land-art-2008-prendre-son-envol/

2009 https://gillesarbour.wordpress.com/2009/09/23/land-art-2009-%e2%80%93-creations-sur-le-champ-a-mont-saint-hilaire/

Pour un aperçu de la récolte de l’an 2010 voici quelques photos:

Rouge Pomme

Bruno Tassé au travail

Oeuvre de Bruno Tassé

Un autre point de vue

La vie en bleu...

L'étang

The Big Apple

Guylaine prisonnière de la Pomme

Allsstair Heseltine discutant de son oeuvre

Roxane et Marie-Jo

Petite pause pour Marie-Jo

Racines

Les chaises

Dix Haikus écrits pendant mes vacances cet été

Chemin de roches,
deux gélinottes huppées;
bienvenu au chalet

Au crépuscule
une flûte lointaine;
la grive des bois

Du fond des temps
son cri déchire la nuit;
majestueux huard

Au bord du ruisseau
enlacées par l’amour
deux libellules!

Nénuphar jauni,
grenouille immobile,
nul ne l’a vue!

Traces sur le sable,
une odeur de fourrure,
le basset fige là!

Hors de son cocon
le papillon s’exhibe;
repas de souris!

L’été un jeudi,
fleurs d’asclépiades,
le sphynx colibri

Larve brunâtre
t’en souviens-tu,
toi libellule?

Marche en forêt
deux petits champignons rouges
soudain voilà l’ours!

Neohelix Albolabris – encore…

Bon d’accord- plusieurs personnes m’ont dit qu’elles ont bien aimé la photo d’escargot Neohelix Albolabris et de sa coquille dans mes billets précédents. Donc à la demande générale voici d’autres photos de la bête…

Nid de merle, escargot, chenille et pic timide

Dans ma cour ce matin…

Un nid de merle d’Amérique a été abandonné. Les parents ont laissé 3 petits oeufs bien froids. Difficile de savoir ce qui s’est passé? D’autres nidifications de merle dans la cour ont été fructueuses et les petits se promènent allègrement d’un arbre à l’autre.

Nid de merle d'Amérique abandonné

Un escargot se déplaçait au sol dans un coin humide. C’est encore le Neohelix albolabris, la même espèce dont j’ai parlé il y a quelques semaines. J’avais trouvé des coquilles seulement et je suis bien content d’observer un spécimen vivant. On le reconnaît facilement à sa lèvre évasée (La lèvre de sa coquille bien sûr!).

Neohelix Albolabris

Une chenille de Morio qui grimpe sur le mur de la maison. Si tout se déroule bien elle deviendra un magnifique papillon assez commun ici au Québec.

La chenille du Morio - un magnifique papillon.

Un bébé pic mineur très timide. Je ne l’aurais jamais vu. C’est notre chienne Sissy (un basset normand) qui a l’odorat tellement développé qu’elle a fouillé dans les buissons jusqu’à ce qu’elle débusque le petit pic. L’an dernier elle avait trouvé un autre oisillon à travers le gingembre sauvage dans la cour. Cette race de chien a le deuxième meilleur nez de tous les chiens . Ç’est assez remarquable.

Un bébé pic mineur


Neohelix albolabris et Arion subfuscus

J’adore me promener dans la forêt du Mont Saint-Hilaire où je demeure. Je m’intéresse surtout aux oiseaux et aux plantes mais toutes les espèces attirent mon attention. Aujourd’hui nous avons vu deux magnifiques salamandres, une noire et une rouge. Je ne sais pas très bien les identifier.

Par contre pour les naturalistes amateurs comme moi le guide «Identification des escargots et des limaces terrestres au Canada – Espèces introduites et genres indigènes» est un véritable petit bijou. Le guide est très bien fait et simple à comprendre. Tous les termes scientifiques sont définis à la fin du livre.

Cette publication est offerte en français ou en anglais en version imprimée et sur CD. Pour commander un exemplaire gratuit du Gouvernement du Canada, composez le 1-800-442-2342

Ces trois coquilles d’escargot appartiennent à des Neohelix albolabris. Je suis heureux de pouvoir les identifier si facilement.

Escargot Neohelix albolabris

La limace sur la photo est une Arion subfuscus. Je l’ai souvent rencontrée dans les sous-bois mais je n’avais jamais pu l’identifier.

Limace Arion subfuscus

Réflexions sur le commerce électronique au Québec

Selon un sondage produit en février 2010 par le CEFRIO et Phéromone en collaboration avec Léger Marketing, 23% des adultes québécois ont acheté pour 336 millions de dollars de produits et services sur Internet en septembre dernier. Au même moment l’an dernier, on parlait plutôt de 300 millions de dollars. C’est donc une hausse de 12% qui illustre bien l’importance de l’achat en ligne aujourd’hui. La valeur moyenne du panier d’achat est également en progression : elle est passée de 267 dollars par cyberacheteur en février 2009 à 285 dollars en février 2010.

Il faut applaudir cette avancée qui reflète la tendance mondiale à magasiner sur le Web. Cependant y-a-t’il lieu de s’inquiéter du fait que ces achats se font surtout à l’extérieur du pays? Selon une enquête réalisée l’an dernier par CEFRIO, les Québécois avaient effectué 47% de leurs achats en ligne sur des sites étrangers. Si la tendance s’est maintenue cela se traduit par la fuite à l’étranger de 157 millions de dollars pour un seul mois, soit une moyenne de 134 dollars par consommateur.

Avant de s’inquiéter il faudrait bien examiner ces chiffres mais il nous manque des données essentielles. C’est utile de connaître le montant dépensé sur Internet à l’extérieur du Québec mais il nous manque les sommes d’argent dépensées au Québec par des acheteurs à l’extérieur de nos frontières. Il manque la colonne des «revenus étrangers» à l’équation.

Grâce à Internet, nous vivons dans un nouveau paradigme commercial. À cette époque où on communique instantanément avec des gens de partout grâce à Skype ou à Facebook, la notion de localisation géographique devient confuse et floue. Dans les faits, les gens qui achètent des produits sur le Web n’ont pas l’impression d’acheter au Québec ou aux États-Unis ou en Australie. Ils achètent sur Internet, bien assis au bureau ou à la maison devant leur écran d’ordinateur dans leur propre pays sans trop se soucier de la provenance du produit. Les frontières disparaissent presque en ce qui concerne le cybercommerce. Pour tous les produits numériques par exemple, le processus d’achat est exactement le même sur tous les continents peu importe où l’entreprise est située – que ce soit de la musique, un livre numérisé ou audio, un logiciel, un site web, un logo, etc. On choisit un produit, on l’ajoute à notre panier d’achat, on passe à la sortie, on paye en utilisant une carte de crédit sur une page sécurisée et le produit est immédiatement disponible pour un téléchargement. C’est simple, rapide et efficace.

Ceci est vrai pour les habitants du Québec mais aussi pour tous ceux qui ont accès à l’Internet partout dans le monde. Ce chiffre atteint maintenant 1.7 milliard d’individus, soit environ 25 % de la population mondiale. Tous ces gens sont des clients potentiels pour l’entrepreneur Web, qu’il soit au Québec ou ailleurs.

Pour notre part à www.premiumbeat.com nous vendons surtout des fichiers musicaux sur notre site web, principalement des compositions de musiciens québécois. Par contre notre clientèle provient de plus de 125 pays à ce jour. Nos ventes québécoises et canadiennes se limitent à moins de 5% de notre chiffre d’affaire alors que les achats en provenance des États-Unis dépassent les 40%. Le reste provient du Royaume-Uni, de l’Australie, du Brésil, de la France, etc. Ce 95% de revenus en provenance de l’étranger est déposé dans notre compte en banque au Québec, redistribué aux musiciens et à nos autres partenaires québécois, et nous payons toutes nos taxes et tous nos impôts ici au Québec.

Il n’y a donc pas qu’une fuite de capitaux par le commerce électronique, il y a aussi une possibilité immense d’entrée de capitaux. N’oublions pas que plus de 99.5 % de la population mondiale vit à l’extérieur des frontières canadiennes! À chaque semaine nous vendons nos produits sur tous les continents et notre magasin virtuel est ouvert partout dans le monde 24 heures sur 24 – 365 jours par année.

Notre propre entreprise est encore très modeste mais l’opportunité est formidable. Le marché mondial nous est grand ouvert. C’est aux entrepreneurs d’ici de saisir l’occasion d’aller chercher des capitaux étrangers pour les faire recirculer dans notre économie. Malheureusement si on se fie à une étude locale récente rapportée par Michelle Blanc en décembre dernier la situation actuelle n’est vraiment pas reluisante.

Aujourd’hui en 2010 combien d’argent en provenance de l’extérieur emplit les coffres des cyber-entreprises locales? C’est ce chiffre qu’il faut connaître et que surtout il faut faire croître. J’aimerais que nos gouvernements appuient vigoureusement ce virage commercial que la planète entière est en train de faire – avec ou sans nous.

L’Armoire aux Herbes ferme ses portes après 30 ans d’existence

Oh la la! C’est presque inconcevable, surréaliste que l’Armoire aux Herbes, ce monument québecois, disparaisse pour de bon. Tout un choc de lire le texte qui suit de Danièle Laberge, une femme intimement liée à la Terre, à la Vie. J’ai le goût de pleurer – c’est tellement absurde alors que 2010 est l’année mondiale de la biodiversité, de détruire cet oasis qui justement représente un microcosme merveilleux de la relation symbiotique des éléments de Vie de la Terre tout en y incluant l’Humain à son meilleur.

C’est beaucoup plus qu’un jardin qui disparaît, c’est un modèle, une inspiration, un idéal. C’est une école, un enseignement, une occasion de reconnecter avec la Source de vie. Non vraiment c’est beaucoup plus qu’un drame personnel ou local. C’est une perte inestimable.
Ce qui suit est le texte intégral que Danièle Laberge a publié:

Pour la première fois en trente ans, il n’y aura pas de serre remplie à craquer d’herbes et de fleurs en devenir, pas de merveilleux jardins à perte de vue, pas de production de plantes médicinales, pas de transformation en nos excellents produits de santé. C’est avec beaucoup de peine et le cœur très gros que j’ai dû finalement arriver à cette conclusion, forcée de le faire par la conjecture actuelle. Ma chère Armoire aux Herbes écoulera cette année les produits qui nous restent, bons au moins jusqu’en 2012, puis, elle devra fermer ses portes. Il est impensable d’engager les frais encourus par une autre saison agricole, tous ces salaires des jardiniers et transformateurs animés par l’esprit le plus pur de la tradition herbale, alors qu’il devient rapidement impossible d’offrir nos produits d’herboristerie aux clients qui les aiment et les réclament dans les magasins de produits naturels. Nous vivons depuis dix ans sous les menaces, dans un climat d’insécurité et dans la nécessité de tout justifier aux yeux de personnes qui ne connaissent rien de notre réalité. Nous décidons de retirer de sur nos têtes cette épée de Damoclès qui a miné nos énergies et brisé nos cœurs. Nous choisissons la paix et la liberté et la conséquence de choix, c’est le retrait stratégique et volontaire.

Après des efforts notoires de démarches auprès de Santé Canada pour faire approuver nos produits afin de tenter d’obtenir les sacro-saints Numéros de Produits Naturels (NPN) imposés, nous avons dû reculer et nous rendre à l’évidence que nos produits tels qu’ils sont ne passeraient jamais cette épreuve pharmaceutisante. Nous n’allons pas nous mettre à faire des teintures dans l’alcool pour satisfaire des exigences extérieures.

Nous n’avons jamais crû en ce processus de « triage » du gouvernement, il faut bien le dire. Une des plus grandes faiblesses de la réglementation des produits de santé naturels vient du fait que les critères d’évaluation et les normes de preuves exigées pour homologuer les produits ont été établis par Santé Canada sans aucune distinction qu’il s’agisse de produits manufacturés par de grandes multinationales ou par des petites et moyennes herboristeries artisanales dont le rôle a toujours été d’offrir un large compendium pour bien servir. Nous avons pressenti dès 2004 que nous (les petites herboristeries traditionnelles) serions les laissés-pour-compte dans cette histoire. Nous savons que nos produits sont efficaces, que leur innocuité est réelle et que si nos clients y sont demeurés fidèles depuis des décennies, c’est parce qu’ils fonctionnent. Nous ne devrions pas avoir à réparer ce qui n’est pas cassé, à changer ce qui réussit. Nous ne devrions pas avoir à réviser nos formules qui ont fait leurs preuves pour qu’elles soient copies conformes des formules de quelques herboristes du passé ayant été sélectionnés pour faire office d’experts, à changer nos concentrations qui sont parfaitement appropriées, à faire tester chaque année pour des résidus de produits chimiques, nos produits d’herboristerie qui proviennent uniquement de notre terre, celle-ci étant éloignée de toute culture polluante et certifiée biologique et biodynamique depuis l’avènement au Québec de telles certifications.

Pour nous, la plante médicinale est et devrait demeurer un aliment et non une drogue. « Que ton aliment soit ton remède ». Il n’y a aucune différence entre le tonique à l’ail que nous extrayons dans le vinaigre et l’ail que nous mangeons. Ils ont tous deux une indéniable action curative, tout comme nos carottes et notre chou. Une véritable transformation traditionnelle, à échelle humaine, faite dans le respect de bonnes pratiques de fabrication n’en fait pas pour autant un produit de laboratoire mais constitue une méthode visant à s’assurer du service des bonnes plantes pendant les saisons où elles ne sont pas disponibles dans nos champs et dans nos jardins. Comme la choucroute préserve nos choux et les pots de salsa nos savoureux légumes d’accompagnement. Nous ne croyons pas à l’analyse des principes actifs, à la mesure de quelques éléments, avec la prétention d’assurer ainsi une constance de concentration. Chaque année que le ciel nous donne fait pousser des plantes qui sont quelque peu différentes dans leurs combinaisons d’éléments et ce, pour de bonnes raisons. La standardisation n’a rien à voir avec la qualité. Elle n’est que la preuve d’un produit mort, dans lequel ne coulent plus les sources de la vie qui elle, est d’abord et avant tout changement.

Pour nous, la qualité de nos plantes, évidente à tous ceux qui au fil des ans ont visité et sillonné nos jardins, la qualité vibratoire, malgré le fait qu’elle ne soit pas encore mesurable en laboratoire, a fait ses preuves. Nous sommes fiers de ce que nous avons accompli, fiers de ce qui aura été un beau modèle de petite entreprise honnête, fidèle à ses convictions profondes, heureuse de vous avoir offert nos jardins en gouttes, en huiles et en tisanes.

Nous avons de la peine pour les thérapeutes habitués à soulager la souffrance humaine grâce à nos produits et à ceux de nombreuses autres petites herboristeries. Nous avons de la peine pour les herboristes de demain qui n’auront pas la chance de vivre cet extraordinaire périple qui nous a animés pendant trois décennies. Nous avons de la peine pour les gens qui se verront brimés dans leur liberté de choisir et de juger par eux-mêmes ce qui leur convient, en consommateurs avertis. Nous aurions préféré que l’attention de Santé Canada se concentre sur tous ces dangereux produits de synthèse qui rendent tellement de gens malades ou dépendants, grugeant leur santé déjà taxée par les exigences de la vie actuelle, stressante à souhait.

L’automne dernier, j’ai récolté, nettoyé, compté avec amour toutes les semences qui allaient devenir les jardins 2010. Notre ail a été mis tendrement en terre. Cet hiver, j’ai fait naître sur papier les configurations harmonieuses et les compagnonnages qui allaient créer toute cette beauté, planifié l’utilisation de chaque pouce carré de serre afin que tout soit prêt pour une autre saison verte, imaginé chaque engrais vert, chaque semis en succession. Les jardins ont une fois de plus vu le jour dans mon esprit.

Hélas, je sais maintenant que leur descente dans la matière ne se fera pas cette année, et plus jamais dans les années à venir. On ne peut pas prendre d’année sabbatique en agriculture. Rapidement, les jardins, retourneront à la nature sauvage. Il en restera quelque chose, une fertilité étonnante, certaines des vivaces qui résisteront à l’envahissement des adventices, des fleurs qui, du moins les premières années, pourront se frayer un chemin, des êtres invisibles qui, conviés avec respect depuis longtemps, préserveront ce qui peut l’être de ce beau rêve, de ce beau projet dicté non par l’économie mais par une vision spirituelle. Il faut croire que l’heure qui fut n’est plus et qu’elle ne sera plus pour un temps.

Je me rends bien compte que la vision sociale actuelle et celle que je porte ici ne vont pas dans la même direction. Je vois l’intuition comme source de connaissance pour l’avenir. L’intuition et la pensée vivante ainsi que l’évolution de tous nos sens vers la subtilité. La société voit de plus en plus la science comme seule source de vérité, l’analyse laborantine comme seule preuve acceptable de qualité ou d’innocuité et la consommation comme la source du bonheur.

La tenue de dossiers et la somme incommensurable de toutes sortes de documents minutieux et pointus n’améliorent en rien la qualité d’un produit de plante. L’établissement d’une telle panoplie de procédures ne fait que nous distraire de notre véritable travail. Nous sommes des artisans du végétal vivant.. Pas des employés d’une manufacture de produits de plantes. L’amélioration d’un remède à base de plantes ne se produit que lorsque le travail manuel de la terre et le fait d’œuvrer concrètement à la vitalisation de cette dernière permet d’élever des plantes de plus en plus vibrantes et saines. Il n’est pas normal de devoir, dans une herboristerie, sacrifier des jardiniers pour payer des pousseux de crayons ou de touches d’ordi dont le rôle est de satisfaire l’obsession gouvernementale. Je lisais dernièrement ceci :

« L’émission d’une licence de mise en marché signifie que le produit a été examiné par Santé Canada et qu’il est sûr, efficace et de haute qualité sous ses conditions d’utilisations recommandées. »

Quelle illusion ! Quelle délusion ! Bien sûr, lorsque la responsabilité d’évaluer et d’homologuer l’efficacité, l’innocuité et la qualité des produits est dispensée à des gens pour qui toutes les plantes se valent, qui n’admettent pas la valeur ajoutée d’un produit biologique, qui nous avouent n’avoir jamais entendu parler de la biodynamie, pour nous, la marche est haute pour faire valoir notre position et nos priorités.

Ce n’est pas notre mission d’aller dans cette direction. Nous sommes un art du terroir, pas un sous-produit de compagnies pharmaceutiques qui essaient de s’adapter à la vision arhimanique pour être accepté par le système et recevoir l’alléchante permission de pouvoir se vendre légalement. Nous n’avons besoin de la permission de personne pour bien faire notre ouvrage d’herboristes. De toutes manières, ce n’est pas le gouvernement qui sait ce que cela veut dire, ne comprenant rien à notre réalité qui ne les passionne pas. Sinon, ils seraient avec nous dans le champ.

Je crois qu’en dehors de la vitalisation de la terre, seule la joie du travail bien fait, la saine ambiance de travail où chacun se sent valorisé et la conscience d’œuvrer à la guérison peut ajouter quelque chose à la qualité du produit de plante. Nous sommes vibrations en contact avec les vibrations cosmiques. Nous ne sommes pas des objets en train d’en manipuler d’autres. Il y a bien davantage à l’œuvre que des formules chimiques et des données mathématiques. Nous assurons le sauf conduit de formes de vie dans un avenir qui, au fond, fait tout pour rendre l’existence impossible à ses meilleurs apôtres.

J’ai toujours dit que je n’étais pas venue sur la terre pour faire des produits à base de plantes, que ce n’était qu’une excuse pour faire circuler la vie. Ce ne sont pas des gouttes plus ou moins concentrées de substance que j’ai offertes à L’Armoire aux Herbes, mais des jardins biodynamiques en bouteilles, une qualité vibratoire guérissante, une vision de demain, un espoir et une certitude de pérennité. Depuis 30 ans, je ne compte plus les gouttes de jardins qui se sont déversées au quatre coins de la province. Les personnes qui nous cherchaient nous trouvaient. Ma seule consolation est d’avoir fait école et que d’autres, maintenant, comprennent l’importance de demeurer fidèle à l’engagement envers la vie.

Peut-être est-ce le temps pour moi de diffuser l‘esprit sans qu’une somme phénoménale de mon énergie aille au support de la matière? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que j’ai eu la chance immense de vivre sur une terre fertile et hautement spirituelle qui continuera encore longtemps à offrir ses services subtils et à soigner par la conscience. Je ne suis pas attachée au revenu généré par la vente en magasin. Ma motivation n’est pas pécuniaire, ne l’a jamais été. J’ai apprécié les sous générés par ce moment de liberté où nous avons pu offrir le bon sans avoir à prouver autrement que par les résultats obtenus. Il a permis de redonner encore et encore à cette terre d’accueil que nous travaillons sans relâche. Il nous a permis d’inviter une immense variété de plantes, produisant un écosystème heureux et vibrant de santé. Il nous a permis d’avoir la liberté d’offrir des connaissances sans dépendre totalement des retombées financières pour le faire. Il nous a permis de ne pas acheter pour revendre mais de produire en biodynamie, sans jamais négliger l’effort à fournir. Il nous a permis de donner sans compter. Je ne regretterai jamais cela. Même si, finalement, c’est la réalité financière qui force le retrait de cette herboristerie qui a toujours tenté, dans la mesure du possible, de bien payer ses employés, de ne jamais sacrifier la qualité pour la quantité, ni faire des coins ronds.

J’ai toujours vu L’Armoire aux Herbes comme un dispensaire, un vrai, au service de l’humain qui ne peut pas se permettre de payer plus cher pour supporter des laboratoires, des formulaires et des tonnes de papier à noircir. Je préfèrerai toujours noircir la terre en lui ajoutant du bon compost que de noircir du papier. Faudra-t-il attendre l’écroulement du système et l’état d’urgence pour que renaisse le respect des petites herboristeries qui, malgré le fait qu’elles ne peuvent pas se payer le luxe de l’approbation aliénante d’un système à la courte vision et aux valeurs décentrées, ne devraient pas pour autant constituer des hors-la-loi à contraindre et à assassiner?

Non, je ne vendrai pas à rabais toutes les vivaces qui sont ici. Je respecte trop la terre pour lui arracher ses enfants par les racines pour des raisons économiques. J’ai toujours partagé généreusement mes amies les plantes. De nombreux jardins du Québec sont les rejetons de cette florissante Armoire aux Herbes. Je continuerai à être la gardienne dévouée de cette terre que j’aime tant.

J’aurai beaucoup de peine quand, ayant trouvé pour elles des personnes aimantes et accueillantes, mes juments devront me quitter car je n’aurai plus les moyens de les nourrir, ni d’usage pour leur fumier, source animale de tous nos composts.

J’aurai beaucoup de peine quand on démantèlera la grande serre, afin qu’elle puisse continuer de servir ailleurs, le grand séchoir qui nous a aidé à créer les plus belles tisanes au monde, ceci dit sans le moindre orgueil.

Sachez que je ne suis pas inquiète de ma survie personnelle. On a besoin de peu quand on avance en âge. Ma richesse dans cette vie, ce fut d’avoir vécu pleinement mon rêve, d’avoir généré de tels jardins et d’avoir pu promouvoir, avec leur assistance, beauté, santé et vie de l’âme. Toutes mes économies y sont passées. Et Dieu sait que je ne regretterai jamais d’avoir fait ce choix. C’est ce qui a justifié tout mon enseignement et mes plus belles découvertes.

Il me reste à me mettre totalement d’accord avec ma destinée de maintenant, soit ce retrait et cette imminente fermeture, à cause d’un système politico-social qui manque de vision et de profondeur. Mais c’est là où nous sommes, n’est-ce pas? Il paraît qu’on a les décideurs qu’on mérite. Cette épreuve deviendra-t-elle une motivation de plus pour continuer de partager la connaissance, la vision d’un avenir où le vivant retrouvera sa vraie place, à la source de nos choix et de nos vies?

Je me mettrai d’accord avec ce qui se passe. Je ne serai pas une victime. J’y découvrirai ma prochaine étape. Je ne serai pas une « Has been ». Je ferai confiance aux forces spirituelles qui m’ont guidée tout du long et qui savent ce qui est espéré pour cette nouvelle phase de ma vie. Je ne me révolterai pas, je ne me fermerai pas comme une huitre. Je continuerai à supporter les causes qui me sont chères. J’aiderai de mon mieux mes proches et les gens de mon milieu. Et je jardinerai à mon échelle : je ne saurais imaginer ma vie sans un potager, sans quelques îlots dans lesquels j’intègrerai mes plus essentielles alliées. Je demeurerai jusqu’à mon dernier souffle une ardente amoureuse du règne végétal.

Je suis une poupée russe vivante. Je me relève vite et résolument quand on me fait tomber. Je suis aussitôt prête à aller encore plus profondément contacter mon essence pour comprendre et continuer à remplir la mission qui justifie ma présence sur cette terre.

En janvier, j’ai connu l’ablation de ma vésicule biliaire qui s’affaissait et devenait dangereuse de par la présence d’une quantité excessive de pierres. La souffrance précédant l’opération fut extrême. Mon corps en est à réapprendre à fonctionner hors de ses sentiers battus, à emprunter d’autres voies, à s’habituer à l’absence d’un organe, à se rebâtir une nouvelle façon de fonctionner. Vous comprendrez que je ne puisse m’empêcher d’y voir là la symbolique de ce que vit notre société.

On peut couper l’élan à une herboristerie traditionnelle. On peut l’empêcher de vendre ses produits. Mais on ne peut pas démolir une herboriste de souche, une biodynamicienne de cœur, une femme de la terre et une guérisseuse, même si on lui retire le droit d’offrir ses plus beaux fruits.

Je veux remercier ici, de tout mon cœur, toutes les belles personnes qui se sont données sans compter pour que vive L’Armoire aux Herbes: les fournisseurs, les distributeurs, les employés, les jardiniers, les stagiaires, les amis et les fidèles clients, l’Herbothèque et ses étudiants. Et plus particulièrement ma sœur Hélène et mon neveu Frédéric, qui vivent ce deuil de très près avec moi et dont l’amour et le désintéressement adoucissent les jours qui nous restent.

Si vous désirez vous procurer les derniers produits de L’Armoire aux Herbes, faites vite. Ils seront disponibles encore un temps dans certains magasins. Vous pourrez aussi nous les commander directement jusqu’à écoulement des stocks par téléphone, fax ou sur notre site web armoireauxherbes.com

Profitez-en pour aller voir les photos, lire les textes, vous nourrir à cette source qui d’ici la fin de l’année en cours, se tarira ou prendra une autre forme.

Merci d’être là et de croire en une herboristerie qui va au-delà du commerce. Une herboristerie qui a de longues racines et qui, malgré les extrêmes du climat actuel, survivra et fleurira encore et toujours, quelle qu’en soit la forme.

Je vous salue bien bas et vous tire ma révérence,

Danièle Laberge,  Herboriste traditionnelle
Maman de la bientôt feue Armoire aux Herbes

Vous avez tous et toutes la permission explicite de l’auteure de ce texte, de le reproduire textuellement et de l’envoyer à tous vos amis et connaissances ainsi qu’à tous les médias de votre choix.